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14 janv.

Matthias Fekl

Il a été nommé en septembre secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger pour remplacer, au pied levé, Thomas Thévenoud. Engagé au PS depuis 2001, Matthias Fekl (SP 01) a d’abord commencé sa carrière comme magistrat au Tribunal administratif de Paris. A la fois normalien et énarque, ce jeune élu enraciné  dans le Lot-et-Garonne a bénéficié d’une ascension rapide, sans toutefois bruler les étapes. Fils d’un père allemand et d’une mère française, il a grandi à Berlin, où son engagement politique est né des ruines du Mur. Pour le magazine, entre un détour par le passé et quelques propositions pour l’avenir, Matthias Fekl sort de l’ombre.

 

Enrôlé par l’Histoire

Le fait d’avoir grandi à Berlin a sûrement joué dans le choix de l’engagement public. J’étais là-bas avant, pendant et après la chute du Mur, porté par ce sentiment d’être en contact avec l’Histoire. Je voyais bien ce que pouvait donner un système attentif aux libertés et un autre qui ne l’était pas. Dès le plus jeune âge, j’ai compris que rien n’était jamais écrit. Que ce sont par leurs choix, à un moment donné, que les hommes et les femmes peuvent décider du meilleur ou du pire.

 

Sciences Po, ENA, ENS…

Je garde un excellent souvenir de Sciences Po et de sa variété d’enseignements. C’était quand l’Institution faisait sa révolution, sous Richard Descoings. Une vieille maison prestigieuse mais un peu surannée devenait l’établissement d’aujourd’hui, ouvert à l’international, aux nouveaux métiers et sur la France, avec un recrutement plus diversifié. Je ne pense pas que les diplômes doivent donner droit à des privilèges. Il n’est pas acceptable qu’en France les destins se jouent encore aujourd’hui trop exclusivement sur le diplôme et qu’on ait parfois le sentiment qu’à 25 ans tout est joué ! Pour cela, il faut beaucoup plus de mobilité dans la vie professionnelle. Le diplôme n’est pas un brevet de compétences absolu et il faut donner sa chance à tous les parcours. Sinon, on créé  des blocages et des rentes de situation.

 

Franco-allemand ou germano-français ?

Je me suis toujours senti à la fois Français et Européen. Le fameux débat sur l’identité nationale a été l’occasion de proférer beaucoup d’âneries. Pour comprendre ce sujet, il suffit de lire le beau livre de Mona Ozouf, « Composition française », qui retrace l’identité française, faite d’apports multiples. L’identité française ne se réduira jamais à deux trois critères simplistes.

 

Un message pour les jeunes

Les jeunes doivent prendre toute leur place, et c’est d’abord à eux de se faire entendre, notamment en allant voter. La génération post-1989 a des rêves mais rencontre des difficultés importantes, comme la galère d’être en emploi précaire. Il faut aussi que la politique s’intéresse à eux. Je suis par exemple favorable à ce que chaque jeune, avant l’âge de ses 20 ans, puisse, quelles que soient ses origines, passer six mois dans un autre pays de l’Union européenne. Cette opportunité ne doit pas être réservée aux seuls étudiants mais ouverte à tous.

 

Vers une nouvelle République

Il y a en France une vraie nécessité de poser plusieurs débats, mais le système médiatique et l’hyper personnalisation qu’implique la Vème République rendent trop souvent la vie politique folle. Notre système institutionnel est complètement dépassé et ne correspond plus à une société complexe, dans laquelle les gens ont besoin de s’approprier le débat. Il faut une nouvelle République pour rétablir la confiance, ce qui passe nécessairement, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire et de le dire par des réformes institutionnelles.  Je suis partisan d’un Parlement plus fort, avec moins de parlementaires mais avec plus de moyens. Je me suis engagé depuis longtemps, y compris comme secrétaire d’Etat, pour davantage de transparence dans la vie publique. Je ne crois pas au chevalier blanc, qui lave plus blanc mais à des règles et des pratiques qui revitalisent la démocratie. Si des affaires sortent aujourd’hui, ce n’est pas que les élus sont plus pourris qu’avant, mais bien parce qu’il y a du contrôle ! Nous avons mis en place des dispositifs de transparence plus robustes. Mais il y a de la marge dans la lutte contre les conflits d’intérêt ou sur le non-cumul des mandats.  Il faut aller plus loin, y compris limiter les mandats dans le temps. C’est nécessaire pour faire respirer la démocratie et éviter que de mêmes personnes occupent pendant des décennies tous les postes.

 

Propos recueillis par Anne-Sophie Beauvais (D 01) et Jason Wiels (M 12).


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